Albi

WORKSHOP IN SITU
Autour du projet d’autosuffisance alimentaire d’Albi
11-15 DÉCEMBRE 2017

Organisé dans le cadre du Master 1 Design Transdisciplinaire Cultures et Territoires DTCT (Université Toulouse Jean Jaurès).

Ce workshop visait à effectuer un état des lieux des acteurs qui œuvrent en faveur de la transition alimentaire sur le territoire albigeois (maraîchers urbains, collectivités, associations, écoles et formations) avec le soutien de l’adjoint au maire Jean-Michel Bouat (délégué au développement durable, et à l’agriculture urbaine et à l’eau, Vice-Président de la Communauté d’Agglomération en charge de l’innovation et de l’enseignement).

Il a été co-organisé par Fabienne Denoual (Enseignante-chercheure en design) et Nathalie Bruyère (designer) et co-animé avec les appuis de Caroline Trautmann (designer) et de Rémy Teyssedre (designer des politiques publiques). Ce workshop intervenait dans la continuité de deux journées d’étude qui ont eu lieu respectivement en mars et en décembre 2017 et d’un premier workshop qui a eu lieu en mars 2017.

Avec la participations des étudiants de première année du master DTCT : Émilie Bardet, Édie Cantournet, Lydia Clerville, Laurie Dalgrande, Eva Dufresne, Charlotte Echard, Morgane Goutard, Fanny Maurel, Bruno Morel, Sasha Sastre, Mariane Souquet, Nour Zeineddine, ainsi que de Samuel Bothorel (étudiant en DSAA Lycée Rive Gauche), et de Andrea Laython (ISDAT). 

Un observatoire ?

L’observatoire organisé sur Albi a eu pour visée de faire un état des lieux autour du programme d’autosuffisance alimentaire porté par la municipalité et de l’écosystème alimentaire auquel il s’articule et sur lequel il s’appuie. Il a été entrepris par les étudiants à travers cinq prismes distincts et complémentaires : les maraîchers urbains, les associations, les écoles et formations (lycée, université), les collectivités, qui les ont conduits, par petits groupes, à s’entretenir avec des acteurs qui œuvrent à différentes échelles en faveur de la transition. À partir de différents outils et méthodes élaborés en amont du workshop, les étudiants ont fait émerger leur point de vue, leur expertise, les freins et les leviers qu’ils identifient, les pistes de réflexion qu’ils imaginent. Nous avons ainsi pu observer la réception et la compréhension de ce programme de la part de l’ensemble des acteurs interrogés. Cela a donné lieu à une première synthèse, plutôt informelle, le vendredi 15 décembre en présence de l’adjoint au maire Jean-Michel Bouat.

L’autosuffisance alimentaire ?

En 2014, la Ville d’Albi s’est fixée l’objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020. La finalité de ce projet est l’approvisionnement des ressources alimentaires pour l’ensemble des albigeois dans un rayon de 60 km. L’autonomie alimentaire se définit comme la capacité d’un territoire donné à produire les ressources alimentaires nécessaires pour subvenir aux besoins de la population qui le compose. La finalité est de promouvoir les circuits courts privilégiant une alimentation avec des produits locaux, de meilleure qualité et provenant d’une agriculture plus respectueuse des ressources environnementales. Cette autosuffisance vise à permettre également et cela est tout à fait en lien avec le problème de l’effondrement :

  • la réduction des émissions de gaz à effet de serre liés au transport de marchandises ;
  • la sécurisation des approvisionnements alimentaires en cas de crise.

Comme le soulignait Jean-Michel Bouat dans le cadre la journée d’étude « l’effondrement qui vient #1 : design et stratégie » de mars 2017, les principaux leviers sont : l’acquisition de foncier agricole ; le marché d’intérêt national et local (MIN) et la sécurisation de la filière de production maraîchère ; augmenter les installations et les surfaces agricoles ; élargir le spectre des produits de proximité pour relocaliser l’approvisionnement. Lors de la deuxième journée, d’autres leviers ont été identifiés par le directeur de la cuisine centrale municipale d’Albi Didier Philippe. Il a notamment insisté sur la nécessité d’aller à la rencontre de chaque producteur et de sécuriser une partie de leur production en amont, ce qui nécessite une adaptation des menus de cantines, des pratiques de transformation, culinaires.

PHASE 1 : ENQUÊTE
du lundi 11 au mercredi 13 décembre

Visite guidée avec Pascale Brûlet
Lundi 11 décembre
14H00-16H00

Bénévole aux Incroyables Comestibles, membre de l’association Albi en Transition et maître composteur dans “Les mains sur terre”, entreprise qui forme au compostage gros volume notamment pour la restauration collective.

« Le compost permet de parler de beaucoup de choses : le circuit des aliments, où on les achète, d’où ils viennent, comment ils sont produits, avec quels emballages, quels produits, les transports (comment on amène l’eau, l’électricité …) » (Pascale Brûlet)

Pascale Brûlet a eu l’amabilité de nous proposer une visite de certaines installations initiées par les Incroyables Comestibles. Elle nous a proposé de commencer par le jardin du cloître Saint Salvy, avant de poursuivre en passant par la rue de Savène, puis par la jardinière de la rue Bouscaillet, avant de rejoindre le keyhole de l’école des arts et matières.

Jardins du cloître Saint Salvy

Jardinière située rue de Savène

jardinière de la rue Bouscaillet

Nous avons finalement rejoint notre QG, le camion le propulseur installé sur la place emblématique du Foirail de Castelviel (lieu qui accueillera le futur marché de produits locaux).

Mardi 12 et mercredi 13 décembre

Les deuxième et troisième jours, les différentes équipes sont parties à la rencontres d’autres acteurs pour mieux comprendre l’écosystème alimentaire albigeois et collecter leurs points de vue.

Nous avons rencontré :
Des maraîchers urbains comme Jérôme Deleuze, Jacques Morlat et Jean-Gabriel Pélissou.

 

Jérôme Deleuze

Serres sur le terrain de Jérôme Deleuze

Jean-Gabriel Pélissou

Jardin de Jean-Gabriel Pélissou

Terrain de Jean-Gabriel Pélissou

Des personnes qui vendent et achètent sur le marché bio de la place Fernand Pelloutier, d’autres qui distribuent dans l’AMAP du Ségala.

Des personnes qui sont engagées dans des associations comme les Incroyables comestibles, Damien Lagrange au Jardin Solidaire du Rayssac, nous avons été accueillis à la soirée organisée le mardi soir par l’association Albi en transition.

Nous avons été reçus par Éric Gallochon et Jonathan Dassonville du Lycée agricole Font-Labour, lesquels nous ont fait visiter leurs jardins ; par Cécile Vaillant & Aurélie Mercier de l’École Européenne de l’Art et des Matières (EEAM)

« Je pense que ça prend le bon chemin. » (Cécile Vaillant & Aurélie Mercier)

« L’agriculture est le métier le plus important du monde ». (Cécile Vaillant & Aurélie Mercier)

Elles favorisent ainsi pour leurs achats courants, des produits locaux et donc elles seraient prêtes à utiliser le CEP (la monnaie locale).

Nous avons rencontré Christian Amiel, directeur du service parc et jardins et Camille Bousquières, attachée territorial et chargée de mission Environnement et agriculture urbaine à la mairie d’Albi. Ils nous ont fait visiter les Serres municipales

« C’est pas simplement faire du jardin pour qu’il soit beau, mais c’est pour donner du sens à ce que l’on fait. » (Camille Bousquières et Christian Amiel)

Les jardiniers se sont rendus compte d’un déficit de connaissances et un manque d’éducation face au développement des plantes et des légumes. Les premiers temps, il y a eu des dégradations liées à des vols de plants et des cueillettes précoces et anarchiques. Ce constat les a poussés à mettre au point un dispositif de pastilles de couleurs qui informent et rendent visibles les différentes étapes de la vie du légume jusqu’au moment de leur cueillette.

 

Marché bio d’Albi. 12 décembre 2017.

Serre municipale, mairie d’Albi. 13 décembre 2017.

PHASE 2 : Synthèse
jeudi 14 décembre

Préparation du temps de restitution. 15 décembre 2017.

Maquette du territoire exploré, Albi. 15 décembre 2017.

PHASE 3 : Restitution en présence du maire-adjoint Vendredi 15 décembre
10H00-12H00

Nous avons restitué les observations collectées lors de notre enquête et avons esquissé des préconisations. Nous avons notamment perçu la nécessité de rendre visible la richesse de cet écosystème, la place que chacun des acteurs rencontrés y tient et la part qu’il y joue.

Team associations : Edie Cantournet, Émilie Bardet, Laurie Dal Grande pendant leur restitution.

Team formations (école, lycée, université) : Bruno Morel, Lydia Clerville, Charlotte Échard pendant leur restitution.

Team collectivités : Andrea Laython, Samuel Bothorel, Nour Zeineddine pour leur restitution.

Team maraîchers : Sacha Sastre, Morgane Goutard, Mariane Souquet pour leur restitution.

Team Amap/marchés : Eva Dufresne, Fanny Maurel pour leur restitution.

Restitution de la semaine d’observation. 15 décembre 2017.

Restitution de la semaine d’observation en présence du maire-adjoint Jean-Michel Bouat. 15 décembre 2017.

 

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